Le marché du travail contingent en Belgique en 2026 : ce que disent les chiffres

Le contexte économique : croissance lente, incertitude croissante
La toile de fond du marché du travail de 2026 est une économie qui tourne en dessous de son potentiel. La Belgique a enregistré une croissance du PIB d'environ 1 % en 2025, déjà modeste au regard des standards historiques. Au cours du premier semestre de 2026, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse. Le Fonds monétaire international, KBC, la Banque nationale et la Commission européenne convergent désormais globalement vers des prévisions comprises entre 0,6 % et 0,7 % de croissance pour l'année.
L'une des principales sources d'incertitude actuelle est géopolitique. Le conflit au Moyen-Orient a introduit des perturbations dans les flux commerciaux mondiaux, les chaînes d'approvisionnement et les prix des matières premières. Lors du webinaire, ce point a été souligné comme un facteur important de la détérioration des prévisions économiques et des indicateurs de confiance. La confiance des entreprises se situe sous sa tendance de long terme depuis plusieurs années, l'activité industrielle en particulier peinant à redémarrer. La confiance des consommateurs, qui soutenait auparavant la croissance économique, a chuté brutalement après le déclenchement du conflit et ne s'est pas encore totalement rétablie.
Cette combinaison de faible croissance et de pression inflationniste ravive les inquiétudes liées à la stagflation, un risque mis en avant par des organisations telles que le World Economic Forum. En Belgique, l'indexation automatique des salaires ajoute un défi supplémentaire. Tout en protégeant le pouvoir d'achat, la hausse des coûts salariaux peut peser davantage sur la compétitivité, surtout lorsqu'elle se combine à des prix de l'énergie élevés et à des pressions plus larges sur les coûts.

Le marché du travail : emploi solide, demande en repli
Malgré le ralentissement économique, le marché du travail belge continue de faire preuve de résilience. Le pays connaît désormais douze années consécutives de croissance de l'emploi, une série sans précédent. Rien qu'en 2025, environ 19 000 emplois supplémentaires ont été créés, et les derniers chiffres de la Banque nationale indiquent que la croissance de l'emploi s'est poursuivie.
Ce tableau d'ensemble contraste toutefois nettement avec les évolutions observées dans plusieurs activités liées à Federgon.
Le travail intérimaire n'a enregistré qu'une croissance de volume de 0,2 % en 2025 et est entré en recul durant les premiers mois de 2026, avec une baisse d'environ 3 %. Le project sourcing a vu ses volumes diminuer de 5,8 % en 2025, les premiers chiffres de 2026 montrant une contraction supplémentaire. Le chiffre d'affaires du management de transition a chuté d'environ 12 % en 2025. Le recrutement et la sélection ont connu une baisse de chiffre d'affaires de 3,9 % en 2025, tandis que les chiffres cumulés de 2026 pointaient vers une baisse nettement plus marquée.
Un segment évolue dans la direction opposée : l'outplacement individuel. La croissance dans ce domaine semble portée avant tout par des licenciements individuels plutôt que par des restructurations collectives de grande ampleur. L'activité d'outplacement individuel a augmenté de 13 % au premier trimestre de 2026 par rapport à la même période un an plus tôt.

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